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Aujourd’hui |
Demain |
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Géranium, surfinias très gourmands en eau |
Plantes fleuries tolérantes à la chaleur |
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Thuya, certaines haies classiques |
Arbustes résistants chaleur/sécheresse |
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Pelouse traditionnelle |
Prairies fleuries, couvre-sols, gazons moins exigeants |
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Hydrangea dans toutes les régions |
Hydrangea sélectionnés + plantes alternatives |
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Potager classique |
Variétés résistantes chaleur et sécheresse |
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Arbres choisis surtout pour l’esthétique |
Arbres choisis pour leur résilience climatique |
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Arrosage comme solution |
Paillage + récupération d’eau + plantes économes |
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Gamme nationale relativement uniforme |
Gammes fortement régionalisées |
Le projet PRÉDIRE, lancé dans le Grand Est, est d’ailleurs spécifiquement consacré à l’identification des nouvelles filières horticoles adaptées au changement climatique régional.
On verra probablement davantage :
- chêne vert
- chêne pubescent
- micocoulier
- févier d’Amérique
- certains érables résistants
- arbres fruitiers adaptés aux nouvelles conditions
- amandiers dans certaines régions
- figuiers
- grenadiers
- certains oliviers, selon les zones
- arbres provenant de régions aujourd’hui plus chaudes.
L’enjeu ne sera cependant pas simplement de vendre « des plantes du Sud ». Il faudra trouver des végétaux capables de supporter à la fois les sécheresses estivales, les canicules, les épisodes de pluie intense et les gels hivernaux. C’est précisément l’un des axes des recherches actuelles sur l’adaptation du végétal.
C’est probablement l’une des évolutions commerciales les plus intéressantes.
Les jardineries vont rechercher des plantes qui restent belles malgré plusieurs jours sans arrosage.
On peut donc s’attendre à une progression de :
Très intéressant :
- lavande
- santoline
- gaura
- verveine
- perovskia
- romarin
- thym
- sauges
- achillées
- sedums
- cistes
- agapanthes
- certaines graminées
- lantanas dans les régions suffisamment douces.
Mais surtout, les obtenteurs vont développer de nouvelles variétés horticoles de plantes existantes, sélectionnées pour leur résistance à la chaleur et au stress hydrique. Le ministère de l’Agriculture souligne déjà l’importance de la sélection variétale pour obtenir des végétaux plus résistants au stress hydrique et aux bioagresseurs.
À mon avis, c’est même l’un des secteurs à surveiller le plus.
Le consommateur voudra toujours faire son potager, mais il rencontrera de plus en plus souvent :
35-40 °C → fleurs qui avortent → tomates qui ne produisent plus → courgettes stressées → haricots qui souffrent.
La réponse commerciale sera donc :
« Voici les variétés qui produisent malgré la chaleur. »
On verra davantage de gammes :
- tomate résistante aux fortes chaleurs
- tomate à cycle court
- poivron adapté aux températures élevées
- aubergine résistante
- melon
- pastèque
- patate douce
- haricots résistants à la chaleur
- légumes feuilles plus résistants à la montée en température
- variétés nécessitant moins d’eau.
C’est probablement un marché à surveiller attentivement.
Le gazon traditionnel demande beaucoup d’eau dans certaines régions. On pourrait voir progresser :
gazon résistant à la sécheresse → mélanges de graminées → micro-trèfle → couvre-sols → prairies fleuries → végétalisation alternative.
Et surtout un nouveau concept commercial :
Ce pourrait devenir une véritable catégorie de jardinerie, au même titre que « potager » ou « plantes méditerranéennes ».
💧 5. Le plus gros changement : vendre une solution plutôt qu’une plante
C’est là que je vois une véritable opportunité pour les jardineries.
Au lieu de vendre :
1 plante = 12,90 €
la jardinerie pourrait vendre :
« Massif résistant à la sécheresse – 10 m² »
avec :
- 12 plantes
- paillage
- amendement
- système d’irrigation goutte-à-goutte
- récupérateur d’eau
- conseil de plantation
- plan de plantation.
Même chose pour :
« Haie sans arrosage »
« Jardin méditerranéen Grand Est »
« Massif plein soleil »
« Jardin spécial canicule »
« Potager basse consommation d’eau »
C’est potentiellement beaucoup plus rentable qu’une simple vente de végétaux.
Dans les régions confrontées aux incendies, l’offre pourrait évoluer vers des jardins moins inflammables.
Cela signifie sélectionner des végétaux :
- moins riches en huiles essentielles inflammables ;
- conservant davantage leur humidité ;
- permettant de créer des zones moins combustibles autour de l’habitation ;
- associés à des sols couverts et paillés intelligemment.
Cela pourrait devenir une nouvelle catégorie :
Si je devais établir une watchlist commerciale pour les 10 prochaines années, je mettrais :
🥇 Plantes vivaces résistantes à la sécheresse
🥈 Arbres et arbustes résilients
🥉 Potager résistant à la chaleur
4. Couvre-sols et alternatives au gazon
5. Plantes méditerranéennes rustiques
6. Graminées ornementales
7. Systèmes d’arrosage économes
8. Récupération d’eau
9. Paillage et amélioration du sol
10. Plantes « climat futur » régionales
Et il y aura probablement une forte régionalisation de l’assortiment : le catalogue d’une jardinerie des Vosges ne devrait progressivement plus être le même que celui d’une jardinerie de Montpellier.
Le changement climatique va faire disparaître certaines références, mais il va surtout créer de nouveaux marchés.
La jardinerie qui saura expliquer :
« Qu’est-ce que je plante aujourd’hui pour avoir encore un beau jardin dans 10 ans avec deux fois moins d’eau ? »
aura probablement un avantage commercial considérable.
Si vous le souhaitez, je peux aller plus loin et vous faire  une liste très concrète de 100 végétaux qui pourraient devenir les grands gagnants des jardineries françaises entre 2030 et 2040, avec pour chacun  niveau de demande potentiel,  marge probable,  résistance à la sécheresse et  intérêt pour une jardinerie.
les bulbes à fleurs vont être directement concernés par le réchauffement climatique, mais je ne pense pas que le marché va disparaître. Il va surtout se déplacer vers certaines espèces et variétés.
Pour une jardinerie, c’est même un marché où l’assortiment pourrait changer assez fortement d’ici 2030-2040.
Narcisses / jonquilles
Très intéressants : ils sont rustiques, relativement peu exigeants et peuvent rester en place plusieurs années. La SNHF indique qu’ils craignent surtout les sols trop humides et apprécient les terrains bien drainés.
Alliums
Probablement une excellente famille d’avenir : floraison spectaculaire, bonne résistance au sec une fois installés et très forte valeur décorative.
Crocus
Intéressants pour les plantations naturalisées et les jardins demandant peu d’entretien.
Dahlias
Potentiel important, notamment pour la floraison estivale. Mais leur besoin en eau pendant la croissance devra être pris en compte.
Agapanthes
À mon avis, une famille à surveiller particulièrement dans les régions françaises qui se réchauffent.
Certaines espèces botaniques et bulbes naturalisables devraient également progresser : le consommateur cherchera de plus en plus des bulbes qu’il plante une fois et laisse plusieurs années.
🌷 Et la tulipe ?
C’est là que la situation devient intéressante.
La tulipe ne va évidemment pas disparaître des jardineries. Elle restera probablement l’un des produits vedettes du rayon bulbes.
Mais elle est plus vulnérable aux épisodes de chaleur.
Les tulipes apprécient traditionnellement des hivers frais et humides suivis de printemps relativement modérés et d’étés secs. La chaleur excessive peut réduire la vigueur florale.
Donc le marché pourrait évoluer de :
« toutes les tulipes »
vers :
« les tulipes adaptées à notre climat ».
Les variétés botaniques et certaines variétés particulièrement robustes pourraient gagner des parts de marché. La RHS souligne notamment que les tulipes dites « specialist », proches des espèces sauvages, sont davantage susceptibles de refleurir et de se multiplier au jardin.
À mon avis, c’est probablement le facteur le plus important pour les bulbes.
Le réchauffement ne signifie pas simplement :
+2 °C = même saison mais plus chaude.
Les bulbes réagissent au cumul des températures et aux périodes de froid.On pourrait donc avoir :
automne chaud → plantation retardée → hiver insuffisamment froid → printemps très rapide → floraison raccourcie.
Et cela peut poser problème pour certaines variétés.
C’est pourquoi les obtenteurs vont probablement rechercher davantage :
- besoin en froid plus faible ;
- floraison plus régulière ;
- résistance aux coups de chaleur ;
- résistance à la sécheresse ;
- capacité de naturalisation ;
- résistance aux maladies favorisées par les alternances chaleur/humidité.
Je créerais progressivement 4 catégories, plutôt que de présenter simplement les bulbes par couleur.
📊 Mon classement prospectif pour 2030-2040
|
Famille |
Potentiel |
Impact climat |
|---|---|---|
|
Narcisses |
⭐⭐⭐⭐⭐ |
Très favorable |
|
Alliums |
⭐⭐⭐⭐⭐ |
Très favorable |
|
Crocus |
⭐⭐⭐⭐½ |
Favorable |
|
Dahlias |
⭐⭐⭐⭐½ |
Favorable mais eau |
|
Agapanthes |
⭐⭐⭐⭐½ |
Très favorable dans certaines régions |
|
Crocosmias |
⭐⭐⭐⭐ |
Favorable |
|
Tulipes botaniques |
⭐⭐⭐⭐ |
Intéressant |
|
Tulipes hybrides classiques |
⭐⭐⭐½ |
Plus exposées |
|
Jacinthes |
⭐⭐⭐ |
À surveiller |
|
Bulbes très exigeants en froid |
⭐⭐ |
Risque croissant |
Et il y a une opportunité que je trouve particulièrement intéressante :
les mélanges de bulbes « climat futur ».
Par exemple :
Pack 10 m² – Jardin fleuri sans arrosage
avec narcisses + alliums + crocus + bulbes estivaux résistants.
C’est beaucoup plus facile à vendre au consommateur que 5 sachets de bulbes différents.
Et compte tenu de votre intérêt pour le marché des bulbes et les achats des jardineries, je pense qu’il serait particulièrement intéressant de faire maintenant une analyse très commerciale des bulbes 2026-2035 : quelles familles vont progresser, lesquelles vont reculer, quelles variétés offriront les meilleures marges et lesquelles les centrales d’achat devraient privilégier.